Suivi des patients asymptomatiques atteints de sténose calcique aortique

17/10/2018

Dans les pays de l’OCDE, la sténose calcique aortique (SA) est la cardiopathie valvulaire la plus répandue. Cette maladie, associée à un taux de morbidité et de mortalité élevé, représente un problème majeur et grandissant de santé publique. A l’heure actuelle, il n’existe aucun médicament efficace contre la SA et le remplacement de la valve aortique par voie chirurgicale ou percutanée est le seul traitement qui améliore significativement la survie et les symptômes. Le remplacement valvulaire aortique est recommandé chez les patients symptomatiques atteints de sténose aortique sévère ou chez les patients asymptomatiques présentant une diminution sévère de la fonction cardiaque (fraction d'éjection ventriculaire gauche inférieure à 50%). Ces deux aspects se manifestent souvent tardivement dans l’évolution de la maladie quand les atteintes myocardiques sont déjà irréversibles.

 

Le Professeur Patrizio Lancellotti, Directeur de l’Unité GIGA-Cardiovasculaire a coordonné un registre européen incluant 1375 patients asymptomatiques suivis dans 10 Cliniques des Valves. L’équipe du Professeur Lancellotti et du Dr Cécile Oury vient de publier les résultats de cette étude importante dans le journal prestigieux JAMA Cardiology (3 octobre 2018). Cette étude indique que le suivi attentif des patients asymptomatiques présentant une sténose sévère dans des Cliniques des Valves spécialisées peut significativement améliorer leur survie. Il apparaît en effet crucial d’identifier les patients à risque qui bénéficieraient d’un remplacement plus précoce de la valve, avant l’apparition des symptômes. L’étude décrit de nouveaux critères de risque mesurés par échocardiographie qui pourraient bouleverser les recommandations cliniques actuelles. Ainsi, le remplacement valvulaire devrait être considéré chez un patient asymptomatique présentant une fraction d'éjection ventriculaire gauche inférieure à 60% ou un pic de vélocité aortique supérieure à 5m/s.

 

Capture d’écran 2018-10-17 à 08.50.57

Source :

Patrizio Lancellotti, MD, PhD1,2; Julien Magne, PhD3; Raluca Dulgheru, MD1; Marie-Annick Clavel, DVM, PhD4; Erwan Donal, MD, PhD5; Mani A. Vannan, MBBS6; John Chambers, MD7; Raphael Rosenhek, MD8; Gilbert Habib, MD, PhD9,10; Guy Lloyd, MD11; Stefano Nistri, MD, PhD12; Madalina Garbi, MD13; Stella Marchetta, MD1; Khalil Fattouch, MD14,15; Augustin Coisne, MD, PhD16; David Montaigne, MD, PhD16; Thomas Modine, MD16; Laurent Davin, MD1; Olivier Gach, MD, PhD1; Marc Radermecker, MD, PhD1; Shizhen Liu, MD, PhD6; Linda Gillam, MD17; Andrea Rossi, MD18; Elena Galli, MD, PhD5; Federica Ilardi, MD1; Lionel Tastet, MSc4; Romain Capoulade, PhD4; Robert Zilberszac, MD, PhD8; E. Mara Vollema, MD19; Victoria Delgado, MD, PhD19; Bernard Cosyns, MD, PhD20; Stephane Lafitte, MD, PhD21; Anne Bernard, MD, PhD22,23; Luc A. Pierard, MD, PhD1; Jeroen J. Bax, MD, PhD19; Philippe Pibarot, DVM, PhD4; Cécile Oury, PhD1

JAMA Cardiol. Published online October 3, 2018. doi:10.1001/jamacardio.2018.3152


Cécile Oury - cecile.oury@uliege.be